Jean-Baptiste Cerlogne

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Eléments biographiques

Jean-Baptiste Cerlogne (appelé Battita de Frantsou) est né le 6 mars 1826 et mort le 6 octobre 1910 à Saint-Nicolas. Fils de Jean-Michel, instituteur et vétéran de Napoléon, et de Marie-Antonie Armand, il commence ses études primaires à Cerlogne mais, à cause de sa mauvaise condition économique, il doit travailler comme berger. En 1837, à l'âge de onze ans, il se rend à Marseille où il devient ramoneur et ensuite garçon de cuisine. Jean-Baptiste revient en Vallée d'Aoste en 1845 et deux ans plus tard il est appelé sous les drapeaux lors de la première guerre d'indépendence d'Italie. Pendant la guerre il est emprisonné et ammené en Autriche. La guerre terminée, il rentre chez lui et il devient cuisinier au séminaire d'Aoste où il commence à écrire ses premières poesies. Édouard Bérard lui commissionne des poésies en patois, ce qui en fera le plus grand poète dialectal. En 1864 il devient prêtre et est muté d'une paroisse à l'autre. Il est très important pour l'histoire de la culture valdôtaine car il est l'auteur de la première grammaire du dialecte valdôtain, imprimée en 1893.

Ses œuvres

Il a été le premier à écrire en patois, considéré à son époque le parler des illettrés. Cerlogne, homme du peuple, appelait le patois Langue de sa mère car c’était la langue qu'il parlait habituellement. Son amour pour cette langue lui donna l’idée de la mettre par écrit dans ses œuvres en francoprovençal. C’est au séminaire d'Aoste qu’il commence à rédiger une poésie en français. Edouard Bérard, qui s'intéresse depuis quelque temps au dialecte valdôtain, lui suggère d’écrire des poésies en patois. L’une des premières compositions a pour titre Marenda à Tsesalet. Cerlogne, surpris lui-même des résultats, se passionne tellement pour sa découverte qu'il produit un recueil: Poésies en dialecte valdôtain (1889) contenant, entre autres, Lo tsemin de fer et La bataille di vatse a Vertozan qui est considérée son chef-d'œuvre. Maintenant Cerlogne doit doter notre patois de tout l'outillage nécessaire pour l'élever au rang de langue littéraire: c’est pourquoi il écrit la première Petite grammaire du dialecte valdôtain (1893). En même temps il travaille aussi à la préparation de Dzan-pouro, armanaque di velladzo qu'il imprime lui-même avec une petite presse portative. Plus tard Cerlogne écrit une autobiographie en deux parties, où il raconte ses séjours en France, en Vallée d'Aoste et au Piémont: Les étapes de la vie (1902-1904). En 1908 il publie Le dictionnaire du dialecte valdôtain. Pour réaliser cette œuvre fondamentale, Cerlogne collecte de jour en jour les mots prononcés par les humbles gens et par les paysans valdôtains. Il écrit ensuite Le patois valdôtain, son origine littéraire et sa graphie (1909). Jusqu'à sa mort ses œuvres seront plus appréciées par les savants étrangers que par les Valdôtains eux-mêmes.

Jean-Baptiste Cerlogne et son époque

Jean-Baptiste Cerlogne a vecu après la Restauration; la Vallée d' Aoste accueillait le retour de la monarchie et était une province du Royaume de Sardaigne. Quand Cerlogne naît, l'église valdotaine perd son autonomie liturgique et elle est « romanisée ». Cerlogne décrira les années postérieures à la Restauration comme un âge d'or. Jean Baptiste Cerlogne n'a pas l'occasion apprécier les germes introduits en Vallée d'Aoste,lui et une partie du Clergé en donnant lieu à des débats dans le 1er journal valdôtain (La Feuille d'Annonces 1841). Cerlogne vit le Risorgimento comme protagoniste involontaire. Les retombées de l'Unité sur la Vallée d'Aoste semblent donner tort aux libéraux et raison aux Cassandres cléricales. Les changements principaux dans les années après l'Unité sont d'ordre socio-économique et linguistique. Après l'Unité, la Vallée d'Aoste connaît une période de crise, favorisée du fait qu' il n'y a pas une classe qui prend en charge son développement. Les changements apportés par des événements nouveaux, tels que le chemin de fer, qui fait son apparition à Aoste en 1886 (échange des produits), regardent aussi l'aspect culturel et notamment l'emploi de plus en plus important de la langue français. On avait espéré que le chemin de fer, auquel Cerlogne a dédié l'une de ses poésies les plus connues, puisse donner une impulsion nouvelle au commerce; en réalité, ce chemin de fer finira par produire le résultat contraire. Les valdôtains, dans les années 1901-1911, connaissent une très forte émigration dans le monde entier, tandis que plusieurs immigrés arrivent dans notre région de differents parties de l'Italie, ce qui a tranformé la société qui est passée d'une économie agricole à une économie industrielle.
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